COMPRENDRE

Investir son 3e pilier en bourse : ce qu'il faut savoir avant de se lancer

Le 3e pilier classique rapporte à peine plus que rien. Il existe une alternative en titres, encore trop peu utilisée — voici comment elle fonctionne, concrètement.

Nelia R. Pfister · 6 min de lecture
Répartition entre 3e pilier bancaire et 3e pilier en titres

La plupart des personnes qui travaillent en Suisse ont un 3e pilier. Peu savent qu'il en existe deux versions radicalement différentes — et que le choix entre les deux peut représenter des dizaines de milliers de francs sur une carrière complète.

Deux versions, deux logiques

Le 3e pilier bancaire classique fonctionne comme un compte d'épargne bloqué : l'argent est garanti, mais rémunéré à un taux qui oscille aujourd'hui entre 0,25% et 0,65% selon les banques. Le 3e pilier en titres place une partie de l'épargne en actions et obligations via des fonds de placement, avec un potentiel de rendement nettement supérieur sur le long terme — au prix d'une valeur qui fluctue d'une année à l'autre.

+90'000 CHFL'écart estimé sur 30 ans de cotisations maximales entre un 3e pilier bancaire classique et une solution en titres investie à 40% en actions, frais de gestion inclus (source : comparatif Vermögenszentrum).

Cet écart s'explique simplement : sur des horizons de 20 à 30 ans, les actions ont historiquement mieux performé que les comptes d'épargne, malgré des années plus difficiles. Le 3e pilier, bloqué jusqu'à la retraite dans la plupart des cas, est justement l'horizon de placement le plus long dont dispose la majorité des gens — ce qui en fait un candidat naturel pour une exposition aux marchés.

Ce qui a changé en 2026

Depuis 2026, il est devenu possible de racheter rétroactivement des lacunes de cotisation dans le 3e pilier, sous conditions strictes, pour les années à partir de 2025. Une évolution utile pour qui a cotisé de manière irrégulière — mais qui ne change rien au choix fondamental entre compte et titres pour les nouvelles cotisations.

Comment choisir sa part d'actions

La part investie en actions (souvent de 15% à 75% selon les fondations) doit dépendre de l'horizon avant la retraite et de la tolérance au risque — pas d'un chiffre à la mode. Un point souvent négligé : les frais de gestion varient fortement d'un prestataire à l'autre, et un écart de quelques dixièmes de pourcent par an se traduit, cumulé sur 20-30 ans, en plusieurs milliers de francs de différence.

Rien de tout cela ne remplace un raisonnement propre à votre situation. Mais comprendre qu'un choix existe — et lequel des deux vous avez aujourd'hui sans le savoir — est le point de départ.

Envie d'aller plus loin ? La séance 1 de l'atelier revient précisément là-dessus : pourquoi le 3e pilier seul ne suffit pas, et ce que « investir » veut réellement dire.

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